Accéder au contenu principal

Ma démission

Je bosse en syndic. Et j'ai démissionné. Pour, euh, re-bosser en syndic. Mais c'est pas pareil. T'as le bon syndic, et le mauvais syndic, tu vois (réf au sketch des chasseurs, par Les Inconnus. Je précise, parce que je sais que je suis lu par des débiles incultes).

Explications.

D'abord, c'est quoi, un "syndic" ? 

Perso, avant de commencer à bosser dedans, j'en avais pas la moindre idée. 

Les gens qui vivent dans les très grandes villes sont sans doute plus au courant, les propriétaires encore plus...mais ayant toujours vécu dans des villes plutôt considérées comme petites (Brive, ~ 60k habitants ; Auxerre, ~ 35k habitants), j'avais jamais vraiment été confrontés à cet aspect-là de la gestion immobilière.

Donc une petite explication pour commencer.
Le syndic, en gros et pour faire simple, c'est l'entité qui gère tout ce qui concerne les parties communes d'un immeuble en copropriété (un immeuble en copropriété, c'est un immeuble dans lequel tous les appartements n'appartiennent pas à une seule personne), c'est-à-dire tout ce qui est en dehors des appartements.
Entretien de l'ascenseur, ménage dans les couloirs, éclairages, poubelles, contrôle d'accès (interphone, badges, émetteurs, portes, etc.), canalisations, la liste peut être longue et dépend, bien évidemment, de chaque immeuble. 

Pour entretenir tout ça, on fait appel à des entreprises dont c'est le métier (pour certains de ces aspects, comme l'ascenseur, c'est une obligation légale, d'avoir un contrat d'entretien). 

Et ces entreprises, elles sont payées par les copropriétaires, qui payent des charges de copropriété (les charges locatives, donc celles que les locataires payent chaque mois en plus de leur loyer, représentent une partie de ces coûts d'entretien de l'immeuble).
Et qui c'est qui gère tout ça ? Les contrats d'entretien, récupérer le pognon auprès des copropriétaires, la comptabilité de l'immeuble, tout ça ? Le syndic !

Voilà pour le petit topo.


Je suis arrivé chez Foncia, le plus gros syndic de France (et donc le moins aimé et le plus critiqué (plus ou moins à raison)), en mai 2020, pile le lendemain de la fin du 1er confinement. 
J'y suis arrivé en tant que "chargé de clientèle", le nouveau terme à la mode pour désigner le trouduc qui répond au téléphone en disant "je peux rien faire, je passe le message, il/elle vous rappellera".

C'est quelque chose que je savais déjà très bien faire, ayant bossé à Auxerre pour un centre d'appels de la société Armatis, un prestataire assez connu dans le milieu des centres d'appels.

 
Bon, Armatis c'était des gros enculés hein, t'avais pas le droit de parler, de te lever sans demander la permission, tes pauses étaient chronométrées à la seconde, si tu déroulais pas ta trame de dialogue correctement tu te faisais engueuler, dites-vous que je me faisais régulièrement convoquer parce que j'aidais mes collègues au niveau informatique...bref, fallait être un fils de pute de robot, parce que la seule chose qui importait, c'était de plaire au client du centre d'appels, le "donneur d'ordre" (les boites qui engagent le centre d'appels quoi), pas aux clients du client du centre d'appels. Tu suis ?
Enfin, de plaire...du point de vue du centre d'appels bien sûr. Parce que, le donneur d'ordre considère que les salariés du prestataire externe font du bon travail, non pas quand ils satisfont leurs clients, mais quand ils font exactement ce qu'on leur dit de faire.

Tu veux un exemple ?
J'ai bossé en service client Carrefour Drive.
Exemple typique d'un appel du vendredi en fin d'après-midi : "j'ai récupéré ma commande, mais je viens d'arriver chez moi et je m'aperçois qu'il en manque la moitié ! C'est ballot, parce que j'habite à 40 bornes du magasin, je fais une commande par semaine de plus de 400€ à chaque fois, je vais la récupérer en sortant du boulot. Je vais pas m'amuser à me retaper 80km aller-retour pour aller chercher le reste !"
Dans ce genre de cas, nous on appelle le magasin en question. Pas pour comprendre ce qui s'est passé hein. Ça on s'en bat les couilles, on sait très bien ce qui s'est passé : cédébranleur.
Mais pour savoir ce que le magasin peut proposer, sachant que le client a payé l'intégralité de sa commande, qu'il lui manque de la bouffe pour la semaine, et qu'il peut pas revenir.
Réponse du manager du Drive : "5€ de réduction sur sa prochaine commande".

*PAN*

Oui, spoiler : dans "service clients", y a "service", et y a "clients", mais quiconque a déjà appelé un service clients sait très bien qu'ils en ont rien à carrer du client. 
Bah les centre d'appels canalisent la quintessence de ça. Ils devraient s'appeler "Barre à mines barbelée anale clients".

Cette anecdote est beaucoup trop longue.


BREF, je savais faire.

Au bout de 8 mois à faire ça chez Foncia, j'étais devenu tellement bon que paradoxalement, j'étais devenu mauvais : je transférais pas assez d'appels, je les traitais moi-même. Parfaitement bien, mais du coup mes appels duraient trop longtemps parce que je ne connaissais pas les dossiers et que j'étais obligé d'aller chercher les infos...et de toute façons, c'était pas mon taf de faire ce que je faisais. Mon taf, c'était de prendre le plus d'appels possibles, de façon à ce que le moins possible de clients appellent pour rien.
Alors, quand une assistante de gestionnaire de copropriété s'est tirée avant la date effective de sa démission, deux gestionnaires de copropriétés se sont retrouvés seuls à gérer leurs portefeuilles respectifs. Il leur fallait un assistant, genre VITE, sinon c'était le pétage de câble/burnout/génocide/suicide assuré.


La responsable du service client n'a eu aucun regret à me laisser passer assistant, même si elle était un peu réticente parce qu'elle préférait généralement garder ses "poussins" au moins 14 à 18 mois, avant de les laisser évoluer. 

Je suis donc devenu assistant gestionnaire de syndic, officieusement le 1er février 2021, officiellement le 1er mars 2021.

Tu la sens la douille, là, déjà ? Officieusement, officiellement...pendant un mois, je faisais les deux boulots : chargé de clientèle, et assistant. Je prenais une dizaine d'appels de service client, puis je coupais le tél pendant 1h pour traiter mes mails d'assistant.

J'étais pas payé plus hein puisque de toute façon, le salaire des 2 postes était identique.
Oui oui, t'étais payé pareil en ne faisant que répondre au téléphone pour, 9 fois sur 10, raccrocher après avoir dit "je suis désolé, je peux rien faire, je passe le message et vous serez rappelé" ; et pour gérer 70% du boulot de gestionnaire (parce que c'est ça que fait un assistant syndic hein, en termes de temps il gère quasiment les trois quarts du boulot administratif du gestionnaire : répondre aux clients par mail, téléphone et parfois courrier, traiter les pannes d'ascenseur, de porte/barrière de garages, de fuite, et autres joyeusetés, soit entre 80-120 mails et 20-60 appels par jour). 

Pour vous donner une idée, en 4 ans, j'ai reçu 146.558 mails, et j'en ai envoyé 125.002. 
4 ans, incluant les 8 mois de chargé de clientèle, pendant lesquels je recevais peut-être 2 ou 3 mails par jour, grand max. 
Je vous laisse pas calculer, ça fait en moyenne 122 mails par jour.
Même salaire. Narmol.

Fin juin 2021 (donc 4 mois après mes débuts d'assistants), j'apprends qu'une de mes deux gestionnaires (celle dont les immeubles sont les plus compliqués à gérer, et qui me déléguait énormément de choses, contrairement à l'autre) aurait eu un accident de quad, et était arrêtée tout le mois de juillet. Elle avait posé ses congés justement sur cette date, et la direction a accepté qu'elle les reporte sur août (magouille magouille...)


Elle s'est donc absentée tout l'été. Alors ok, dans ce boulot il se passe pas grand-chose en été, mais cet été-là, n'ayant pas pris de congés, j'ai géré tout seul l'entièreté de son portefeuille, ainsi que celui d'une dizaine d'autres gestionnaires, pour qui je prenais les urgences. 

Bien entendu, ce sont leurs clients qui m'en ont informé, pas les gestionnaires eux-mêmes. C'est bien plus drôle comme ça. 
Hein, quoi ? Me demander mon avis ???
Non mais lol. 
C'est Foncia hein.

Début septembre 2021, ma gestionnaire en question ne revient pas au bureau. Elle a été mutée à la tête d'une petite agence récemment rachetée par Foncia, et je me retrouve donc à continuer à gérer l'entièreté de son portefeuille, vu que premièrement elle n'a pas le temps à cause de son nouveau poste, et deuxièmement elle n'a plus ses accès informatiques, donc elle ne peut plus rien faire. 

Je fais des choses qu'un assistant n'a absolument pas à faire, y compris des choses dont la responsabilité légale incombe aux seuls gestionnaires, et pas à un assistant (comme aller à des réunions sur les immeubles, chose parfaitement interdite pour un assistant, question de responsabilité et d'assurance).
Et je touche toujours 1400 balles par mois, au fait (ça vous semble sans doute raisonnable, pour beaucoup d'entre vous qui lisez ça, mais je vous rappelle que c'est à Lyon, pas à Auxerre ou Brive hein). 

Fin octobre 2021, ma gestionnaire revient épisodiquement au bureau, pour transmettre au compte-goutte ses immeubles à d'autres gestionnaires. Elle me prend à part pour m'informer que, au vu de mon excellent travail aussi bien en termes de qualité que de quantité, elle va demander une prime ET une augmentation pour moi. 

Je n'ai bien entendu jamais vu la couleur de cette prime ni de cette augmentation. Et je n'ai jamais su si c'était parce qu'elle ne les avait pas demandées à la direction, ou bien si c'était parce que la direction n'avait pas voulu.

Son remplaçant est arrivé pour reprendre quelques-uns de ses immeubles, sur lesquels j'ai continué à être assistant. Lui aussi, comme tous les autres, mes collègues, ma hiérarchie, les clients, a très vite loué et encensé mon excellent travail (calmez-vous hein, j'ai aucun mérite, c'est ultra facile dès l'instant où t'as deux ronds de bons sens et une facilité avec l'informatique).

Juin 2022, je travaille pour 6 gestionnaires (je suis monté jusqu'à 9), alors que la politique de la boite c'est 2 gestionnaires max pour un assistant. L'une de mes gestionnaires, que j'assistais officiellement sur 3 immeubles, officieusement sur tous (une trentaine), a démissionné. Sa remplaçante est arrivée rapidement, j'ai été officieusement son assistant (et pas du tout officiellement), jusqu'à son explosion en plein vol, 3 semaines plus tard. 

En attendant sa remplaçante, j'ai géré tout son portefeuille pendant tout l'été et septembre. Mon responsable, revenant de congés, est allé sur les immeubles pour annoncer l'arrivée de cette remplaçante, il m'a rapporté des propos hallucinants des clients : "une remplaçante ? Mais pourquoi ? On a déjà un gestionnaire, et il est génial !"

Oui oui, ça parlait de moi. N'étant pas gestionnaire, je pense que ça en dit long sur la qualité de mon travail. Mon responsable me promet une grosse prime, puis une augmentation. 

Toujours rien, bien évidemment. 

Des tas de gens sont augmentés autour de moi, alors qu'ils ne le méritent pas du tout. Ouiiiiii oui, je sais, si ça marchait à la méritocratie ça se saurait, et blablabla et blablabla.
Et alors ? C'est pas parce que "c'est comme ça" que c'est normal ou cohérent pour autant. Donc ta gueule, j'ai encore le droit de m'insurger contre une gigantesque connerie, fût-elle institutionnalisée. Oublie pas que dans ma tête (et ma bite, mais ça c'est une autre histoire), j'ai encore 15 ans et l'idéalisme qui va avec (et ma bite aussi est idéaliste. Yakoi ?!)

Octobre 2022, je manifeste explicitement et clairement ma volonté d'avoir une augmentation, et/ou d'évoluer (juste pour avoir un salaire plus élevé).

Tout le long du 1er trimestre 2023, je vois des gestionnaires qui démissionnent, je rappelle à la responsable du service que je veux passer gestionnaire, mais elle balance des annonces sur LinkedIn, en prétendant qu'il est plus facile de recruter un gestionnaire qu'un assistant. 

C'est une immense blague, parce qu'un gestionnaire nécessite des connaissances et/ou de l'expérience et/ou un diplôme. Un assistant ne nécessite...rien, j'en étais la preuve (et j'étais loin d'être le seul). 

Mais je savais déjà que c'était une gigantesque connasse. 

Mai 2023, je reçois un mail m'indiquant que j'ai reçu une augmentation pour mon excellent travail. 

En réalité, ces fils de pute ont fait passer la prime d'ancienneté (bah ouais, 3 ans) pour une augmentation au mérite. Environ 60 balles de plus par mois. Wouw. Si ça avait été une vraie augmentation, j'aurais pété un câble. 

Fin 2023, on change de système informatique. La responsable de service a sélectionné 2 d'entre nous pour être les "référents" de ce nouveau système : ils y seront formés, et formeront à leur tour les autres collaborateurs.

Avant l'annonce officielle, tout le monde est persuadé que je fais partie des 2, puisque je suis Monsieur Ingénieur Informaticien, et aussi Monsieur Formateur.
Tout le monde le sait, y compris cette connasse : au moindre problème, à la moindre petite question, on vient me voir. Et jusqu'à cette date, tous les nouveaux entrants, qu'ils soient assistants ou gestionnaires, passent par moi (uniquement par moi, la plupart du temps) pour être formés. 

Oui oui, en tant qu'assistant j'ai formé des gestionnaires. Normal.

C'est un peu comme si Michel Dupont, qui a regardé DBZ en VOST, était prof de japonais à Todai (TOkyo DAIgaku, l'Université de Tokyo, l'une des fac les plus prestigieuses d'Asie, suis un peu, bordel).


À l'annonce officielle, tout le monde s'insurge que je ne fasse pas partie de ces référents : ils veulent être correctement formés, et ils savent que si c'est moi qui m'en occupe, ils le seront. C'est pas moi qui le dis hein.
Je suis partagé entre l'emmerdement d'avoir du boulot en plus, et la fierté de savoir que mon travail est réellement reconnu par tous (sauf par la direction bien sûr...enfin si, mais ils veulent pas me payer plus pour autant. Bande d'enculés). 

À contrecœur (celui de la responsable, pas le mien), je suis donc nommé référent. Nous sommes 3, nous nous répartissons les collègues, et avec mon équipe j'organise, sur le temps de travail, des petites sessions de formations. Cinq ou six, réparties sur l'été et septembre 2023 (j'aurais pu le faire plus tôt, mais les accès à la version de formation du nouveau logiciel nécessitaient un système Apple, et j'ai été le dernier, COMME PAR HASARD, à recevoir mon MacBook, dans le cadre du renouvellement complet du parc informatique de la boite).

J'apprendrai plus tard que les 2 autres n'ont strictement rien foutu : l'un des 2 s'est mis en arrêt pour un soi-disant problème au dos et n'est jamais revenu, l'autre a juste rien fait parce que "gneugneugneu j'ai trop de travail" (heureusement pour elle, à côté de ça elle était ultra bonne et super sympa. Ça rattrape, même si je l'ai pas baisée).

Quelques jours avant et après la mise en place du nouveau système, je me suis donc retrouvé à devoir former en catastrophe L'ENSEMBLE des collègues. 

Pour notre implication et nos efforts, nous avons touché une prime exceptionnelle de 500€.
Bruts hein, faut pas déconner. 
TOUS les référents à travers la France l'ont touché. Moi, donc. Et l'autre grosse merde qui était toujours en arrêt. Et la 3è, qui l'a touchée quelques jours avant la date effective de sa démission, qu'elle avait posée 2 mois plus tôt. 

Cette prime a été distribuée de manière automatique, sans discernement, à tous les référents. Content d'avoir eu une prime. Beaucoup moins content de son montant ridicule, et encore moins que, là encore, la qualité et la quantité de mon travail ne soient pas reconnues par l'entreprise. 

Fin septembre 2023, avec le départ de mon responsable et l'arrivée d'une nouvelle, j'apprends, sans grande surprise, que mon évolution était freinée par 3 personnes, au niveau de la direction : mon responsable qui vient de se barrer et une autre gestionnaire, à qui j'étais trop indispensable en tant qu'assistant (et qui avaient donc prétexté tous les deux des erreurs grossières de ma part, qui n'existaient pas), et la responsable de service, qui appréciait mon volontarisme à toute épreuve (ma "bonnicherie" quoi), et qui, en même temps, me détestait parce qu'elle n'avait jamais pu me mettre de son côté concernant ses divers accès de parano de se faire piquer sa place par je ne sais qui. 

Fin 2023, entre l'arrivée de ma nouvelle responsable, qui se rend bien vite compte de mes qualités professionnelles, et l'absence prolongée de la responsable de service qui est en dépression parce que sa vie perso est une merde sans fin (et elle en est entièrement responsable, mais osef), il est question de mon évolution. Au lieu de gestionnaire, on me propose le poste de manager des assistants. Je dis oui avec plaisir. Mais au bout de 2 mois, sans nouvelle de ce poste, ma responsable me propose de passer gestionnaire. Je dis oui. 

1 semaine après, j'apprends que je vais reprendre le portefeuille d'une gestionnaire qui a posé sa démission quelques jours après qu'on m'a parlé du poste de manager des assistants (tiens tiens).

Le lendemain, j'apprends que le poste de manager des assistants est toujours d'actualité, mais qu'on l'a proposé à une autre assistante ! Une assistante qui ne voulait surtout pas devenir gestionnaire...

Deux postes, un assistant qui accepte les deux, une assistante qui n'en accepte qu'un...vous la sentez, la douille ?

Bien sûr.
Ils ont cessé de m'en parler, pour me laisser croire que ça n'était plus d'actualité, pour que je passe à autre chose et qu'ils puissent remplir les deux postes sans problème. 

Je deviens donc gestionnaire, au 1er février 2024, et en plus du portefeuille de la gestionnaire qui s'en va, on me refile une poignée d'immeubles sur lesquels j'ai été assistant. Sans me demander mon avis, ou plutôt si, on me le demande, et je le donne, mais ils s'en battent les couilles. 

Courant février, j'apprends qu'il a été décidé de me confier, en décembre 2023 (donc AVANT que je devienne gestionnaire...suis, un peu, bordel), un immeuble en ruine, qui menace de s'effondrer d'un jour à l'autre, qui n'a plus de syndic depuis 4 ans, sur lequel plus personne n'intervient (ils n'ont même plus de bacs poubelle), et pour lequel on doit, en urgence, lancer une procédure juridique. 

Mon travail est déjà extrêmement chronophage : je dois rattraper des conneries qui ont été faites, préparer des assemblées générales avec 2 mois de moins que ce qui est prévu et qui n'ont pas du tout été préparées en amont, lancer des choses qui étaient en attente depuis trop longtemps et pour lesquelles les clients me harcèlent...
Ah et je dois aussi passer mon temps à m'engueuler avec ma responsable, auprès de qui je dois passer mon temps à rendre compte de mon travail et à me justifier dès qu'un de mes clients lui envoie un mail, soit TRÈS souvent, vu que comme le client est par nature, par essence et par définition un gros enculé, il nous traite de tous les noms si on lui répond pas dans les 2h (et aussi parce que ma responsable en question et le directeur de l'agence les y ont fortement encouragés, "au moindre problème").

Bref, j'ai autre chose à foutre que de faire 5 ans de droit immobilier condensé en 1 mois pour m'occuper d'un immeuble qu'il a été arbitrairement décidé de me confier par l'autre pute de responsable de service, qui a tout fait pour me foutre dans la merde, pour UNE SEULE RAISON : elle psychotait que ma responsable veuille lui piquer sa place, et elle voulait donc la décrédibiliser, et prouver à tous qu'elle avait eu tort de me nommer gestionnaire, en me faisant échouer (tout ça je ne l'ai su que bien plus tard, évidemment). 

Et puis, dans la semaine qui a précédé le lundi de Pentecôte, donc fin mai 2024, je tombe sur un post LinkedIn d'un des responsables (quelqu'un que j'apprécie beaucoup personnellement. Pas du tout professionnellement, parce qu'il a rien à foutre au poste de responsable). 

Il y parle du bien-être au travail, du travail de manager qui doit soutenir, appuyer et défendre ses équipes aussi bien auprès du client que de la hiérarchie, de la transformation de notre métier qui doit s'adapter à la recherche d'un meilleur équilibre vie perso-vie pro, et qu'on doit le faire comprendre et accepter par le client...

Ce ramassis de conneries a été la dernière goutte d'eau de toutes les gouttes de trop (bon, y a eu aussi la prime d'intéressement : autour de 1000€ en 2020, 2021, 2022...et moins de 300€ pour 2023, alors que les bénéfices nets de l'entreprise étaient en hausse). 
Parce que dans la réalité, dans cette boite, les managers passent leur temps à nous enfoncer, à rappeler à tous nos erreurs, à lécher le cul du client dès que celui-ci se plaint (je vous laisse imaginer le tapis de bombes atomiques que je me suis pris à travers la gueule quand j'ai dit à des clients que, parce que moi aussi j'avais une vie, les AG ça allait maintenant être à 16h au lieu de 18h), et à bien lui faire comprendre que nous on est des merdes par rapport à eux. 

J'ai fait mon boulot de la manière la plus exemplaire vendredi, j'ai dit "bon week-end, à lundi ! Ah bah non, haha, lundi c'est férié, à mardi !" en partant.

Mardi matin je n'ai pas été au bureau. Je suis allé chez le médecin.

Mardi après-midi je transmettais mon arrêt de travail. Je n'y suis plus jamais retourné. 

Je n'ai pas répondu à ma responsable qui m'a envoyé un sms deux jours après. 

Je n'ai pas répondu à l'autre manager (celui du post LinkedIn tiens !) quand il s'inquiétait, début juin, de ne pas avoir reçu la prolongation de mon arrêt alors que j'étais officiellement en congés.

J'ai posé ma démission le 11 juin. 

J'ai retrouvé un poste d'assistant dans une autre boite, quasiment aussi bien payé que mon poste de gestionnaire chez Foncia, avec des avantages en plus, des horaires plus intéressants, moins de travail, bref : tout mieux. 

Je suis censé rester "loyal" envers Foncia en ne disant pas du mal d'eux.

Je les encule à sec.
Je ne dis pas du mal d'eux, je relate des faits. 

(Non, "je les encule à sec" n'est pas un fait. Suis, merde.)


Travailler pour certaines super-grosses boites, c'est génial. T'as l'impression de faire partie d'un truc énorme et que les choses bougent grâce à toi ; malgré la masse salariale monstrueuse, chaque salarié est unique et reconnu à sa juste valeur, et il n'a pas besoin de se battre pour faire reconnaitre son travail ; les avantages sont nombreux, et la confiance employé-hiérarchie est totale.

Foncia n'est pas une de ces boites.


Même si, en tant qu'assistant, j'ai fini par être submergé sur la fin, à cause d'une légère démotivation, le boulot était vraiment bien, et je n'avais aucune responsabilité, donc quand j'avais le moindre doute, il suffisait que je refile le bébé au gestionnaire. C'est pour ça que j'ai mis beaucoup de temps à réfléchir à ma situation, et à me rendre compte que ça ne pouvait plus durer comme ça, à être corvéable à merci sans avoir la moindre reconnaissance concrète de mon employeur. 

C'est le passage au poste de gestionnaire qui m'en a fait prendre conscience. 


Niveau organisation, ma nouvelle boite est une véritable horreur (gros point positif de Foncia là pour le coup), mais j'ai un seul gestionnaire, pas 6 ou 8. Je suis payé de manière raisonnable, au vu du travail que je fournis. Et je sais que je serai écouté par le big boss, pour l'avoir rencontré à plusieurs reprises dans le cadre de mon recrutement.

Bref, je suis bien mieux là où je suis actuellement, même si les choses n'avancent pas vite en termes de technologie.


Aux chiottes Foncia Lyon.

Commentaires

Posts les plus consultés de ce blog

Squeezie fait de la politique.

Tout récemment, dans le cadre de la victoire du RN aux élections européennes et la dissolution de l'Assemblée Nationale, le youtubeur Squeezie s'est exprimé - sa première prise de parole politique - pour exhorter ses abonnés à aller voter, ce qu'ils veulent mais pas RN. Analyse de son argumentation.